Les frais de copies virtuels — VPF


Lors des premières semaines d'une sortie nationale, le distributeur doit régler à la salle une somme variable pour participer à l'amortissement de son projecteur numérique. Cette somme appelée "contribution numérique" ou VPF, est facturée soit directement par le cinéma, soit par un tiers collecteur (Ymagis, Cinelia, Cineo, Cinemascop, ...)

Les montants des VPF sont variables (de 200€ à 800€) et fixés de manière unilatérale et aléatoire par les cinémas ou les tiers collecteurs, la loi fait donc obligation d'établir une relation contractuelle entre ceux-ci et les distributeurs.

Pour les nouveaux distributeurs, il ne leur est jamais proposé de signer les contrats avant la sortie, de sorte que bien souvent, ils découvrent le système plusieurs semaines après, quand ils reçoivent des piles de factures, parfois pour des séances à zéro spectateurs. La plupart du temps, ils sont tout de même contraints de régler ces contributions pour la raison qu'ils ont imprudemment adhéré à un syndicat professionnel qui s'est engagé au nom de tous ses adhérents.

Le système donne toute satisfaction aux compagnies qui sont déjà installées depuis longtemps et qui sortent de gros films étrangers déjà rentabilisés sur leur marché et quelques distributeurs français qui recoivent des subventions qui couvrent largement leurs frais de contributions.

Pour le cas particulier des opéarations promotionnelles telles que "La fête du cinéma", alors que les prix des places sont divisés par deux, les montants des VPF sont inchangés, le distributeur sera bien avisé d'y penser, il n'est en effet pas assuré d'avoir une fréquentation double, le surplus de spectateur se dirigeant plus spécifiquement vers les films à fort potentiel.

Le système est d'une grande logique intellectuelle mais économiquement absurde. Si autrefois, détenir des copies argentiques, représentait un lourd investissement, l'on était assuré, quel que soit le film d'avoir une certaine demande et les dites copies étaient comptabilisées en production stockée, ce qui valorisait d'autant la valeur de la société.

Aujourd'hui, le fait de disposer de copies numériques ne donne aucun avantage concurentiel. Les frais engagés sont comptabilisés en dépenses et dégradent d'autant le bilan de la société. Considérer qu'il faille augmenter artificiellement ces dépenses et appeler celà une économie serait risible si les conséquences n'étaient si importantes pour les petits distributeurs.

Le système de VPF vient des Etats-Unis, il a été copié en France avec néanmoins une différence de taille, là bas, le montant de la contribution ne peux pas dépasser la recette, alors qu'ici, un exploitant peut laisser en salle un film qui fait zéro entrées et faire sa recette sur les VPF qu'il facture au distributeur.

Des salles sans VPF?

Toutes les salles ne demandent pas de VPF, il y a quelques indépendants qui s'en sortent par leurs propres moyens et disposent ainsi de tous les films en premières semaines, il y a aussi toutes les salles qui ont ouvert après le 1er janvier 2013 et sont hors du système, parmi celles-ci, de gros multiplexes, et enfin, toutes les salles qui ont déjà remboursé leurs emprunts.

Vers la fin des VPF en 2016?

Il est probable que le système disparaîtra vers 2016, d'ici là, les majors auront toutes remboursés leurs emprunts et il est douteux que les petites salles puissent espérer continuer à facturer des VPF alors que les grands réseaux seront revenu à un système normal. rappelons que les contrats du plus gros tiers collecteur français finissent au 31 décembre 2015 et qu'ils ne seront pas reconduits.

La France a un taux d'équipement en projecteurs numérique de quasiment 100%, y compris pour les très petites salles. En 2012, la taxe sur les opérateurs telecoms a rapporté 276 millions d'euros. Pour préserver cette manne inattendue de l'attention du trésor, le CNC l'a utilisée en urgence pour finir d'équiper toutes les salles de France. Ainsi, les remboursements reviennent graduellement au budget de l'organisme sans irriter Bercy toujours à la recherche de nouvelles ressouces.

Equiper ainsi les petites salles de projecteurs hors de prix qui plus est fabriqués à l'étranger est une idée étrange. Ailleurs, pour bien moins cher, on projette simplement des BLU-RAY dont la qualité de rendu est parfaite sur un petit écran. Par ailleurs, au bout d'un certain temps, les systèmes électroniques ne sont plus maintenables par obsolescence des pièces détachées. Au fur et à mesure, tous ces systèmes devront être changés dans un délai de cinq à dix ans, et à ce moment là, sans aucune aide ni de l'état, ni des distributeurs, ...

 


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